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La manipulation

 

Après quelques visites, quelques présents même, madame de La Motte annonce à mademoiselle Le Guay que le hasard, ou plutôt sa bonne étoile, fait qu’elle peut se rendre agréable à la reine ; que, pour ce service, elle recevra quinze mille livres d’abord, et que sa fortune sera dès lors assurée. La pauvre fille, étourdie, émerveillée, répond qu’elle est la très-humble servante de Sa Majesté. Au jour convenu, on la conduit à Versailles sur les dix heures du soir, on l’habille magnifiquement, on lui confie une petite lettre et une rose qu’elle doit remettre, lui dit-on, à un très-grand seigneur qui se présentera à elle dans un bosquet du parc quand minuit sonnera au château. Elle n’aura à prononcer que ce peu de mots : Vous savez ce que cela veut dire, en donnant au personnage important et la fleur et l’écrit. Là se bornera sa mission ; mais la reine elle-même, cachée dans l’épaisseur d’une charmille voisine, surveillera l’exécution des ordres qu’elle a donnés.

Tout s’exécute ainsi qu’on l’a prévu. La demoiselle Le Guay est postée par madame de La Motte dans le bosquet pendant une nuit obscure. Le grand seigneur arrive, s’incline devant la prétendue souveraine, reçoit la rose, entend le mot d’ordre, mais la petite lette est oubliée. Bientôt la comtesse, témoin caché de l’entrevue accourt et dit tout bas, mais avec précipitation : vite, vite, venez. L’inconnu , qui était le cardinal de Rohan, s’éloigne avec madame de La Motte, tandis que son mari, qui paraît tout à coup, emmène mademoiselle Le Guay. La comtesse rejoignit deux heures après l’aventurière dans un hôtel garni, elle l’assura que la reine était fort contente d’elle, malgré la lettre oubliée, qui par bonheur, lui dit-elle, n’était que d’une utilité secondaire, et que l’on brûla à la flamme d’une bougie.

Cette aventure se passait au mois d’août 1784. Depuis mademoiselle Le Guay, qualifiée baronne d’Oliva  par ses protecteurs, continua de les voir à Paris et à leur campagne d’Essonne. Elle mangeait souvent chez eux, et en reçut en divers payements un à-compte de quatre mille deux cent soixante-huit livres sur les quinze mille livres promis... Plus tard, on lui déclara qu’elle ne recevrait pas davantage, et elle cessa de fréquenter les La Motte.

Cependant mademoiselle d’Oliva se croyant lancée dans les vastes régions de la fortune, avait quitté la mansarde qu’elle occupait rue du jour, pour se loger également rue Neuve-Saint- Augustin : un beau mobilier fourni à crédit lui donnait l’apparence d’une femme entretenue du grand ton, et elle en eut quelquefois les aubaines. Mais les échéances de ses engagements arrivèrent avant les ressources qui devaient l’aider à les acquitter, les créanciers devinrent pressants, incommodes, menaçants ; il fallut se soustraire à leurs recherches.

Telle était la situation de mademoiselle d’Oliva quand l’affaire du collier fit explosion. Elle on était loin de se douter qu’elle eût pris part à cette scandaleuse intrigue, et si elle quitta alors Paris ce fut tout bonnement pour échapper à la vindicte de ses créanciers. Mademoiselle d’Oliva prit le 30 septembre 1785 la route de Bruxelles, où elle vivait paisiblement, lorsque le 16 ou le 17 octobre, au milieu de la nuit, elle fut arrêtée et conduite en prison. Cette fille apprend alors avec étonnement qu’elle se trouve impliquée dans le procès du cardinal de Rohan, dont elle avait à peine entendu parler jusqu’à ce moment. On la transfère à Paris, elle est enfermée à la Bastille, interrogée, entendue ensuite comme témoin judiciaire, et enfin décrétée de prise de corps sur sa déposition, qui eût dû confirmer son innocence.

Voilà sans la moindre altération ce que l’on répand officiellement, mais non pas ce que le public croit. Il n’y a d’admis généralement que la ressemblance de mademoiselle d’Oliva avec la reine ; le surplus est regardé par le plus grand nombre des raisonneurs, comme une fable imaginée pour voiler certains détails qui ne peuvent être produits au grand jour.

 

Le JUGEMENT (condamnée le 31 mai 1786)

 

Enfin le fameux procès du collier est terminé : le Parlement a rendu son jugement, celui du public l’a suivi de près, et les deux juridictions sont loin d’être d’accord. M. de Fleury, procureur général, fortement influencé par le baron de Breteuil, ennemi du prince de Rohan, avait lancé des conclusions foudroyantes contre ce seigneur. Elles furent reçues avec indignation par la cour elle-même : M. de Barillon, conseiller, s’écria que « ce n’étaient point les conclusions d’un procureur général, mais bien celles d’un ministre qu’il n’était pas difficile de reconnaître. » M. Séguier, avocat général, parla dans le même sens, avec de vives personnalités adressées à M. de Fleury. On ne sait jusqu’à quel point ces messieurs avaient le droit de se révolter contre cette partialité du parquet, quand il était de notoriété publique qu’ils avaient reçu les dépositions de Bohmer et de Bassanges, de diverses personnes appelées en témoignage, et beaucoup d’autres pièces du procès telles qu’il avait plu à la cour de Versailles de les faire libeller. Après de longs débats, le parlement a prononcé un arrêt portant que :

 

            Le cardinal est purement et simplement déchargé de toute accusation.

            Madame de La Motte est condamnée à faire amende honorable la corde au cou, à être fouettée en place publique, marquée sur les deux épaules, et mise à l’hôpital pour le reste de ses jours.

            Le sieur de La Motte, contumax, est condamné aux mêmes peines que sa femme.

            Le sieur Planta de Vilette est banni à perpétuité.

            Le comte de Cagliostro est déchargé de toute accusation.

            Et mademoiselle d’Oliva est mise hors de cour.

            Les Mémoires de madame de La Motte contre le cardinal et le comte de Cagliostro sont supprimés.

 

Ce jugement a été accueilli par la joie universelle d’un nombreux auditoire : tout le monde connaît l’immoralité du cardinal de Rohan ; mais, dans cette affaire, toutes les préventions lui étaient favorables, soit par la puissance de la vérité, soit par la conscience des fraudes qui avaient été employées pour détourner sur lui une partie de l’orage, au mépris de l’équité. Quant à madame de La Motte, quelle qu’ait été la destination primitive du collier il est bien évident qu’elle et son mari en ont fait vendre en définitive les brillants à leur profit. Ces fripons n’inspirent donc aucun intérêt, et n’en méritent point, en effet, sous quelque influence qu’ils aient agi.

Le baron de Breteuil se promettait du moins une petite satisfaction en venant demander au cardinal la démission de sa charge de grand aumônier deux heures après que le prince eut quitté la Bastille ; mais le ministre fut encore trompé en cela : M. de Rohan l’avait déjà prévenu, et Breteuil ne put que lui annoncer que le roi l’exilait à la Chaise-Dieu. Le public cria à la tyrannie, et pour cet exil et pour le retrait de la grande aumônerie ; le vox populi avait tort sur ce dernier point : on ne peut disconvenir que Louis XVI, de quelque manière qu’il entendît l’affaire du collier, devait être fort mécontent du cardinal.

 

 

Madame Jeanne de La Motte de Valois enfermée à la Conciergerie attendait la sentence de son jugement

 

Cependant madame de la Motte était toujours à la Conciergerie, ignorant l’arrêt terrible prononcé contre elle, et ne pouvant communiquer avec personne, pas même avec ses conseils. Un sombre désespoir la consumait : durant une violente attaque de nerfs, elle avait voulu se briser la tête avec son pot de nuit. Depuis lors, elle était gardée à vue, le jour par un guichetier, et le soir deux femmes couchaient dans sa chambre. Telle était la situation de cette condamnée, lorsque, le mardi 20 ou 21 juin, on la prévint que le lendemain matin elle sortirait et qu’elle eût à se tenir habillée pour six heures. « Comment, demanda-t-elle, dois-je être vêtue ? – simplement » lui répondit-on.Le marquage aux deux épaules

            En effet, à l’heure indiquée, on vint prendre madame de La Motte. A peine était-elle sortie de la prison que les gardes l’entourèrent et l’entraînèrent au pied de l’escalier du palais, où son arrêt fut lu devant elle. A l’énoncé des peines horribles qui l’attendent, elle devient furieuse, se jette à terre, réduit ses habits en lambeaux, et déclare qu’elle se fera plutôt mettre en pièces que de subir un semblable traitement. Six bourreaux se sont emparés de cette infortunée ; elle se défend, se débat, se glisse longtemps hors de leurs bras robustes. Enfin le principal exécuteur la saisit, et, soulevant ses débris de vêtements, imprime les stigmates de la justice sur ces cuisses souillées de boue et déjà meurtries par de brusques étreintes. Pendant cette fustigation, un second bourreau, malgré les soubresauts convulsifs de la codamnée, parvient à la marquer sur une épaule ; mais le fer brûlant ne fait qu’effleurer l’autre avec ce bruit léger que produit un corps gras en fondant. A travers les hurlements que madame de La Motte poussait pendant l’exécution, on entendit distinctement ces mots : « C’est ma faute si j’éprouve cette ignominie, je savais qu’à dire un mot et j’étais pendue... » Puis elle ajouta avec des sanglots de rage : « Voilà donc le respect que l’on porte aux Valois ! »

Jetée sanglante, échevelée, à peu près nue dans un fiacre qui doit la conduire à l’hôpital, madame de La Motte réussit à ouvrir une portière et va se faire broyer sous les roues, losque ses gardiens la ressaisissent. Arrivée à la Salpêtrière, elle se précipite sur son lit le visage en bas ; bientôt on s’aperçoit qu’elle s’est enfoncé profondément dans la gorge un pli de la couverture... Une seconde plus tard, elle allait étouffer.

La flétrissure d’une descendante des rois de France, les angoisses d’une femme, voilà jusqu’à ce moment tout le payement qu’ont obtenu les joailliers Bohmer et Bassanges, on n’a pas entendu dire qu’on s’occupât de leur tenir compte autrement du prix de leur collier de seize cent livres ; et non-seulement le nom de la reine est mêmé dans cette honteuse affaire, mais personne à coup sûr ne pourrait affirmer que ce bijou n’ait pas été acheté pour elle... En vérité, les rognures de certaine refonte de louis n’auraient pas été mal employées, même quand elles l’eussent été gratuitement, si on les eût fait servir à étouffer ce scandale sous le poids du million et demi.

 

Evasion de la comtesse de La Motte

 

La comtesse de La Motte s’est évadée le 5 juin 1787 de la Salpêtrière, où elle était encore enfermée. On varie dans les détails de cet événement : les uns prétendent que le gouvernement a fermé les yeux sur la fuite de cette dame ; les autres vont jusqu’à assurer qu’il l’a favorisée. Ceux-ci prétendent qu’une soeur grise s’est prêtée à l’évasion, ceux-là soutiennent que madame de La Motte l’a effectuée sans aucun secours. Tous les rapports s’accordent à dire que la prisonnière échappée à pris son essor vers l’Angleterre où elle rejoignat son mari. Or voici un fait digne de beaucoup d’attention, et qui confirme le passage de madame de La Motte dans les îles Britanniques. M. Ethis de Corny, procureur du roi de la ville, est arrivé à Londres, le 20 ou 21 juin, avec une permission secrète, qui consiste, dit-on, à retirer des mains de la comtesse fugitive un manuscrit où l’honneur de la reine se trouve gravement compromis.

            Toutefois la reine ne se laisse pas dominer par l’inquiétude, car, bien que Sa Majesté ait signé une réforme sévère de ses dépenses et de sa maison, elle approuvera  hier le projet d’une fête à Fontainebleau, qui à elle seule coûtera de cinq à six cent mille livres. On rapporte que la reine a dit en riant à cette occasion à l’ordonnateur : « Mais il faut auparavant savoir si M. le contrôleur général nous donnera la permission ».

            Marie-Antoinette n’est pas la seule personne qui se mette au-dessus des souvenirs peu honorables que laisse dans le public le procès hideux du collier, revenu sur l’eau par suite des négiciations entamées à Londres auprès de madame de La Motte. Le cardinal de Rohan, qui se trouve en ce moment à l’abbaye de Marmoutier, aux portes de Tours, charme les ennuis de l’exil dans les bras d’une jeune Anglaise logée avec lui, et que Son Eminence courtise ouvertement, au grand scandale et peut-être à la grande jalousie des moines.

 

Jeanne décéda l'an 1792, suite à une chute

Nicolas décéda, fort âgé à hospice de la Pitié, peu de temps avant la Révolution de 1830.

 (voir la généalogie de la famille de Saint-Remy de Valois sur le site : Généalogies Européennes  )

FIN



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