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 D’ARSONVAL Jean-François Angot

Chevalier de l'Empire

 

*

 

Né le 1 er décembre 1762 à Paris

 

*

Acte de naissance

 

Paroisse de Saint-Côme, à Paris (Seine)

 

 

ARMES :       D’argent, au chevron échiqueté d’or et d’azur, acompagné en chef, de deux têtes de Maure de sable, tortillées d’or, et en pointe, d’une épée haute en pal de sable, à la Champagne de gueule, chargée du signe des Chevaliers Légionnaires.

 

CARRIERE  MILITAIRE :

 

Soldat dans Chartres-Infanterie le 22 novembre 1777

Sert aux Antilles, puis rentre dans la Légion Belge, comme fourrier, le 1 er mars 1792

Lieutenant-Quartier-Maître, le 12 mai 1792

Capitaine le 1 er novembre 1792

Adjoint à l’Etat-Major de  l’Armée du Nord, le 1 er Brumaire à l’an II

Adjoint l’Adjudant-Général Dardenne, le 1 er Vendémiaire à l’an III

Chef de bataillon, sur le champ de bataille, le 3 ème complémentaire an VII

Chef de Brigade, Colonel, le 17 vendémiaire an VIII

Confirmé le 29 Frimaire an VIII

Attaché à l’Etat-Major des Grenadiers et Eclaireurs, le 19 Thermidor an VIII

Attaché à l’Etat-Major de l’Armée d’Orient, le 23 Floréal an IX

Nommé Commandant à Karikal, aux Indes Orientales, le 24 Fructidor an X

Adjudant-Commandant, le 3 messidor an XII

Employé comme Adjudant-Commandant sous les ordres du Maréchal Murat, le 5 Vendémiaire an XIV .

Employé à l’Iles de France, à la Grande-Armée en Espagne

Chef d’Etat-Major de l’expédition de l’Inde, lors de la distribution des Croix, membre

           de la Légion d’Honneur, l’an 1806

Chef d’Etat-Major à la Bataille d’Eylau, le 7 Février 1807, sous les ordres du Général Grouchy, commandant la 2 ème division de Dragons (2000 hommes)

            Donnataire sur le Mont de Milan, le 8 Septembre 1808

            Chevalier d’Empire, avec une dotation de 2000 frs, le 15 Avril 1809

Donnataire sur Erfurt, le 15 Août 1809

Confirmé par lettres patentes du 27 Juillet 1810

Retraité, le 20 octobre 1815

Maréchal de camp, le 18 mars 1818

 

*

 

Décédé le 16 Août 1825 à Paris

 

*

 

CAMPAGNES :        Campagne d’Amérique et Antilles - Guadeloupe

Armée du Nord, 1792 à l’an VII, Allemagne, Hollande

                                    Armée d’observation du Midi, an IX

Ile de France, an XI-XII, Mahé (Seychelles), Indes, côte de Malabar (Madagascar)

                                    Grande-Armée, de l’an XIII à 1807

                                    Allemagne, 1809

                                    Espagne, 1811 à 1814

 

 

BLESSURES :           A été blessé 2 fois en Amérique

A été blessé grièvement au passage de la Meuse à Suflex, le 28 Vendémiaire an III

 

 

 

DECORATIONS :   Légion d’honneur, le 29 mai 1806

                                    Officier de la Légion d’Honneur, 1817

Chevalier d’Empire, commandant le département de l’Yonne à Auxerres

Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis

Franc-Maçon de la Loge Militaire

 

 

 

La Bataille d'EYLAU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Un Grenadier à cheval et un officier en petite tenue                                                                                                                       

                         Le Général MURAT

 

 Expéditions de l’Inde et de l’Ile de France dans  l’Océan Indien.

 

L’Adjudant-Commandant DARSONVAL, m’avait aussi demandé d’y être employé.

Je (le Général Decaen) le proposait pour le commandement de Mahé (Seychelles), à la côte Malabar.

 

Préparatifs de l’expédition

 

           Cependant les deux expéditions de l’Inde et de l’Ile de France se sont toujours confondues dans l’esprit de ceux qui les ont préparées. Aussitôt après la conclusion de la paix d’Amiens, Bonarparte avait ordonné que l’expédition de reprise de possession de l’Ile de France, partit avant la fin de floréal, et celle pour l’Inde un mois après. Il voulais alors que chacune fût composée d’au moins deux vaisseaux de guerre et que le seul convoi pour l’Ile de France comprît deux mille hommes ; mais un tel déploiement de forces navales et militaires dans l’Océan Indien aurait pu inquiéter les Anglais. Pour ne pas leur donner d’ombrage, en répétant la faute commise en 1783, ces dispositions furent modifiées.

Bonaparte, en annonçant ce changement au capitaine général, lui ordonna de s’occuper de la désignation des troupes, des officiers et fonctionnaires civils de l’expédition. « laissant le tout à mon choix, dit Decaen, il me recommanda de la bien composer, qu’elle était peu nombreuse et que, dans le pays où je devais aller, il fallait donner une bonne opinion de notre nation ». Bonaparte pensait « qu’il ne fallait pas, comme autrefois, envoyer loin de la France les hommes tarés ».Decaen se conforma à ces sages instructions. Dans le mémoire du 11 messidor (30 juin), où il exposait ses vues sur l’organisation de l’expédition , il exprimait le désir que les officiers fussent choisis tant pour leur constitution que pour leurs moeurs et leurs moyens, et qu’il n’en partit point qui eussent plus de trente-six ans ; que les sous-officiers et soldats fussent bien constitués et que l’on écartât les mauvais sous-officiers. Pour l’Etat-Major

il, désignait le chef de Bataillon, Sainte-Suzanne, qui serait élévé au grade de chef de Brigade et prendrait le commandement des deux bataillons ; le chef du bataillon du génie Richemont, sur le choix de l’inspecteur général Marescot, pour être chef du Génie ; l’Adjudant-Commandant Binot, qui s’était distingué en Egypte, pour être chef d’Etat-Major ; enfin, pour commander les Cipayes, le vieux chef de Brigade Penmarch-Mainvielle, ancien officier de ce corps. Il avait offert le commandement des troupes au général Vandermaesen, un de ses compagnons d’armes de l’armée du Rhin. Le général de Brigade Montigny qui avait été proposé par le ministre, l’Adjudant-Commandant d’Arsonval qui avait demandé à servir dans l’Inde, devaient résider, l’un à Chandernagor, l’autre à Mahé.

 

Quelques temps après...

 

           Decaen identifia le littoral de cette île, presque constamment bloquée, à une place d’armes. Il nomma commandant d’armes à l’Ile de France le chef de brigade Darsonval, qui avait été désigné pour commander à Mahé et qui avait remplacé Binot dans les fonctions de chef d’état-major. Rentré en France, il fut remplacé dans ces deux fonctions par Monistrol. Le capitaine général mit sous leurs ordres deux adjudants de place pour le service du Port-Nord-Ouest et deux autres, l’un pour le Port-Sud-Est, l’autre pour commander à Flacq et veiller à la conservation des établissements militaires. Il développa plus tard cette organisation, qui était en effet de première importance en temps de guerre. Un ordre du capitaine-général, du 30 thermidor an XII (18 juillet 1804), divisa le développement de la côte en huit arrondissements de commandement. L’officier commandant chaque arrondissement y exerçait les fonctions attribuées aux commandants de place ; il avait, de plus, la surveillance des embarcations : elles ne pouvaient prendre la mer, pour aller dans un autre quartier, sans avoir obtenu de lui une permission par écrit. Les chefs des postes et batteries devaient tenir un journal des mouvements qu’ils auraient aperçus à la mer et sur la côte, et transmettre chaque jour leur rapport par la voie hiérarchique au chef d’état-major qui était en même temps commandant d’armes.

 

 

Le Grand Projet de Napoléon sur l’Inde en 1805

 

Missions de d’Arsonval et de René Decaen

 

            Ce plan était exellent, mais il ne parvint que tardivement à la connaissance de Decaen qui, dans les dépêches qu’il adresse, à la fin de 1804 au ministre et à l’Empereur, ne parle que des projets déjà proposés , ou des lettres de Dufayel qu’il cite sans le nommer. «  Je ne cesserai de répéter, écrit-il le 22 brumaire an XIII (13 novembre 1804), que les circonstances deviennent de plus en plus favorables pour frapper avex succès sur cette partie de la puissance de nos ennemis. Je supplie donc V.E. d’entendre mes cris, de me procurer des moyens et de isait-il àme donner des ordres pour agir.  J’agirai incessamment ». Parfois, la passion qui l’anime, le porte à exagérer la situation désavantageuse des Anglais ; parfois, comme s’il craignait que ses plans parussent trop grandioses, trop dispendieux, trop dificiles à réaliser, il se rabat sur un desein plus modeste. Il demande alors que l’on porte ses troupes à 2000 ou 2400 hommes, ses forces navales à 12 frégates, avec lesquelles on causrait le plus grand tort au commerce de l’ennemi. Un nouvel émissaire par pour la France. Decaen vient d’apprendre le sénatus-consulte du 28 floréal an XII , et l’adjudant commandant d’Arsonval est chargé des voeux des deux colonies.

 

LES EMISSAIRES DE DECAEN ET LES PROJETS DE L’EMPEREUR

 

          « Je n’hésite plus à croire, disait-il à Decaen, que l’Empereur vous considère toujours beaucoup, mon général, et qu’il approuve entièrement ce qu’il a appris de votre administration, tant par votre correspondance que par des rapports particuliers. » Barois ajoutait d’autres indices de la faveur de Decaen, sa promotion au grade de grand officier de la Légion d’honneur, l’ordre de lui faire payer son traitement d’activité, les promotions de d’Arsonval et Lavilléon, l’un au grade d’adjudant-commandant, l’autre au chef de bataillon.

Barois remit à l’Empereur un autre mémoire où il insistait sur l’expédition de l’Inde, rappelait le conflit avec Linois, parlait des projets sur Madagascar et donnait aussi quelques appréciations sur le préfet colonial et le commissaire de justice.

            Le 19 messidor, il y eut à Paris une grande revue. Le commandant, à qui son grade  nouveau donnait l’accès du château, s’y rendit de bonne heure, et au moment où l’Empereur sortait de sa chapelle, il lui demanda s’il avait eu la bonté de jeter un coup d’oeil sur les notes qu’il lui avait  adressées. Napoléon répondit de l’air le plus affable qu’il les avait lues et qu’il y songerait.

 

L’EXPEDITION DE L’INDE AJOURNEE

 

          En ébruitant le projet d’expédition dans l’Inde, que l’on avait commencé à préparer, on avait porté les amiraux anglais à chercher, sur les routes de cette contrée, les escadres impériales qui, sortant des ports de France, allaient se concentrer aux Antilles où elles devaient attirer   les forces navales des Anglais. Certes, un combat s’était livré dans l’âme de Napoléon, mais il avait cru que le plan de débarquement en Angleterre serait, à tout prendre, d’une échéance plus prompte que l’attaque sur l’Inde, et si il se décidait à ajourner celle-ci. Il n’abandonna point d’ailleurs ce projet qui lui était trop cher pour qu’il renonçat absolument.

          Le ministre sentait bien qu’il y avait toujours quelque chance que l’Empereur revint à ce plan de prédilection, qui sacrifierait une partie de notre marine à assurer les succès d’un général de l’armée de terre, d’un Lannes, d’un Murat, d’un Decaen dans le continent Indou. Il  veilla dorénavant sur la pensée de son maître, et fit tout pour enpêcher que les émissaires de  l’Ile de France ne vinssent de nouveau évoquer à ses yeux l’image de l’Inde.

          Napoléon, pendant que ses flottes allaient vers les Antilles, se rendait en Italie, ce qui permit à Decrès de rendre l’accès de la Majesté Impériale plus difficile. L’Empereur quitta Paris le 4 avril. Le 17, le brick  le Diligent, qui portait l’adjudant-commandant d’Arsonval, arrivait à Lorient, et le 21, cet officier supérieur, porteur des paquets du capitaine général, se présentait à Decrès. Après deux heures de conférence avec le ministre de la Marine, celui-ci demanda s’il n’avait pas de paquets particuliers pour l’Epereur. D’Arsonval ayant répondu afirmativement, Decrès lui ordonna de les lui donner ; l’aide-de-camp fit observer qu’il avait l’ordre de ne les remettre qu’à Napoléon. Mais le ministre répondit «  qu’on ne parlait pas comme cela à S.M. ; qu’il fallait préalablement en obtenir la permission. Il me réitéra, dit d’Arsonval, l’invitation de les lui remettre de suite, me féfendant de partir pour Milan sans sa permission expresse : je me vis donc forcé d’obéir et je remis les paquets ».

          Quelles pensées traversèrent l’esprit de l’Empereur en apprenant l’arrivée d’un nouvel envoyé de Decaen ? Il était alors à Stupinigi : « J’attends avec impatience, écrit-il le 4 floréal (24 avril), les dépêches qu’apporte le brick le Diligent ». Avant de les avoir reçues, il avait ordonné de faire mettre dans les journaux que les grandes nouvelles étaient arrivées des Indes, que les affaires des Anglais allaient fort mal, et que tout ce que le capitaine général de l’Ile de France avait promis, il l’avait tenu. Le 6 floréal, Napoléon renvoyait à Decrès les dépêches qui n’avaient pas été insérées dans le Moniteur. Il n’était point satisfait de leur contenu et trouvait qu’elles ne lui apprenaient pas grand chose. « Je pense, écrit-il au ministre, que vous n’avez pas encore eu le temps de lire votre courrier, car vous ne me donnez aucun détail sur notre colonie, sur la situation des Indes, de nos croisières et du mal qu’elles ont fait à l’ennemi. Envoyez-moi les pièces et faites faire un rapport par le colonel qui me fase connaître la situation des Indes ». Le 7 floréal, même observation. « M. Decrès, votre courrier du 3 floréal ne m’apporte aucunes nouvelles des Indes ; les pièces que vous m’avez envoyées ne contiennent rien, le nom de Linois n’y est pas même prononcé, et j’ignore la situation des choses dans ce pays ».

          Le 9 floréal, Napoléon parle de nouveau de l’Inde. « Toutes les nouvelles que je reçois, c’est que 5 ou 6000 hommes aux Indes ruineraient la Compagnie anglaise. Dans le cas que, par des événements quelconques, cette expédition n’ait pas un plein succès, et que je ne puisse pas arriver au plus grand de tous les buts qui fera tomber tout le reste, je pense qu’il faut calculer l’opération de l’Inde pour septembre. Il y a aujourd’hui beaucoup plus de moyens qu’il y a quelque temps ». Ainsi il se réserve, si le débarquement en Angleterre ne peut avoir lieu, de revenir à l’expédition de l’Inde.

          Le lendemain, l’Empereur reproche à son ministre de ne pas écrire assez souvent. Decrès doit s’excuser, alléguant qu’il craignait de le fatiguer par sa prolixité ; quant à la correspondance de l’Inde, il déclare qu’il a envoyé les lettres de Linois, une partie de celles de Decaen, les extraits du reste et enfin, le 13 floréal, trois dépêches de ce capitaine-général qui lui ont paru importantes et que tout d’abord il avait négligées. « Mais le général Decaen envoie des malles de dépêches et le triage de ce qui est important est toujours long. Au reste, je crois avoir rendu compte de tout ce qui est venu de l’Inde. Resterait à faire parler le colonel d’Arsonval, mais il est dans son lit à Versailles et je ne sais s’il sera bien lumineux. Cependant, je ne l’ai vu, moi, que pendant deux heures ; il était apparemment très fatigué et il est possible que je l’aie mal jugé. J’attends sa convalescence pour lui demander tous les renseignements désirables ».

          Quelques jours après, l’adjudant-commandant fut appelé de nouveau chez le ministre ; il ne fut pas peu surpris, lorsque celui-ci lui dit que le capitaine général avait écrit à l’Empereur qu’il donnerait de bouche tous les renseignements que l’on désirerait, et Decrès lui enjoignit de faire immédiatement un mémoire sur les ressources de l’Ile de France, sur la position de nos ennemis dans l’Inde, et d’indiquer son opinion particulière sur le point de débarquement le plus avantageux. «  Ce début m’étonna singulièrement, écrit d’Arsonval à Decaen, 25 prairial an XIII (14 juin 1805), et je crus devoir faire observer au ministre que j’avais tout lieu de croire que les dépêches dont j’étais porteur renfermeraient tous les renseignements et infiniment mieux détaillés que je ne pourrais le faire ». Les renseignements dont Decaen avait entendu parler, ne devaient être que des compléments donnés par d’Arsonval sur l’objet même de sa mission. Mais le ministre insista, l’adjudant-commandant dut obéir. Flairant quelque piège, il se promit d’être laconique « afin de ne pas ségarer dans les replis tortueux de la politique ». Dans son mémoire, il insiste sur la nécessité d’envoyer des approvisionnements et il a le bon esprit de prévoir une attaque sur l’Ile de France. Quant à l’Inde, il croit que les circonstances sont favorables à une expédition que l’on tenterait avec 10.000 hommes de bonnes troupes, « un officier général actif, intelligent, aimant la gloire et son pays, tel enfin que celui à qui S.M. avait confié la première expédition ».

 

 Lettres du 14 Pluviose an XI

 

Indes Orientales

Brest, le 14 pluviose an 11 de la République Française

 

Au premier Consul

Général Consul

 

Jean-François D’arsonval, chef de Brigade, commandant à Mahé

Demande à faire partie de la Légion d’honneur

Il a pour titres 21 années de service sans la moindre interruption, toutes les Campagnes de cette dernière guerre, plusieurs Blessures, entre autres, une très grave reçue le 28 vendémiaire an III à Suflex en Hollande, deux chevaux tués sous lui, deux promotions reçues sur le champ de bataille, un sabre donné par le Gouvernement, pour avoir concourru aux journées du 18 et 19 Brumaire.

Il joint à cet effet toutes les pièces à l’appui.

Si ces titres suffisent, il vous prie, Général Consul, de prendre sa demande en considération.

Salut et respect.

D’arsonval (avec paraphe)

 

***

 N° 1 – Bureau des Etats-Majors

 

 République Française – Département de la Guerre – Liberté – Egalité

 

Le Ministre

 

Certifie à tous qu’il appartiendra, que le citoyen Jean-François Darsonval, né le 1 Décembre 1762 a  servi au régiment de la Guadeloupe depuis l’année 1782 jusqu’en 1790.

A été nommé Sous-Lieutenant au 1 er bataillon Belge le 6 Mai 1792.

Lieutenant en Juillet 1792.

Capitaine à la 15 ème 1/2 Brigade Légère le 1 er Novembre 1792.

Adjoint à l’Etat-Major de l’Armée du Nord, le 1 er Brumaire an II

Adjoint à l’Adjudant général Dardenne le 1 er Vendémiaire an III

Nommé chef de Bataillon sur le champ de Bataille par le général en chef de l’Armée de Batavie à l’affaire, du 3 ème jour compté Brumaire an VII

Confirmé dans le grade le 17 Vendémiaire an VIII

Nommé chef de Brigade sur le champ de Bataille à l’affaire du 14 Vendémiaire an VIII

Confirmé dans le grade le 29 Frimaire an VIII

Attaché à l’Etat-Major des Grenadiers et Eclaireurs le 19 Thermidor an VIII

Attaché à l’Etat-Major de l’Armée d’Orient le 23 Floréal an IX

Nommé Commandant à Karikul aux Indes Orientales , par arrêté du 1 er Consul, du 24 Fructidor an X

 

Cet Officier à fait toutes les Campagnes de la Révolution.

En foi de quoi il a délivré le présent certificat  pour servir et valoir ce que de raison.

Fait à Paris le 23 Floréal l’an neuf de la République Française une et indivisible.

Sousigné : Alexandre Berthier

Certifié conforme à l’original et aux lettres de service qui m’ont été présentées.

Lesour Inspecteur aux revues

 

***

 Armées Française et Batave – Liberté – Egalité

 

Au quartier Général de Lahaye le 2 Fructidor an VII de la République.

 

L’Adjudant Général Dardenne, chef de l’Etat-Major Général

 

Certifie que Citoyen Darsonval, capitaine adjoint aux adjudants généraux a été employé en cette qualité sous mes ordres depuis le mois de Fructidor an II, jusqu’à ce jour qu’il n’a cessé pendant tout le temps de servir en officier aussi actif qu’intelligent. Il s’est trouvé à toutes les affaires qu’il y a eu à l’Armée du Nord et y a donné des preuves de bravoure.

Sousigné : Dardenne

 

Je sousigné commissaire ordonnateur en chef des troupes françaises en Batavie, certifie que la signature apposée ci-dessus est celle de l’adjudant général Dardenne, chef de l’Etat-Major général, et que ça doit y être ajouté.

Certifié conforme à l’original et aux lettres de services qui m’ont été présentées.

Lesour inspecteur aux revues

 

 ***

 

Armées Française et Batave – Liberté – Egalité

 

L’Adjudant Général Dardenne, chef de l’Etat-Major Général

 

Certifie que Citoyen Darsonval, capitaine adjoint aux adjudants généraux , a été blessé à la partie supérieure du cerveau, d’un coup de sabre qui le laissa sur le champ de bataille à l’affaire qui eut lieu le 28 Vendèmiaire an III à Suflex en Hollande entre la 1 ère dividion de l’armée du Nord et des Anglais, dans laquelle cet officier a donné des preuves de la plus grande Bravoure.

Sousigné : Dardenne

 

Je sousigné commissaire ordonnateur en chef des troupes françaises en Batavie, certifie que la signature apposée ci-dessus est celle de l’adjudant général Dardenne, chef de l’Etat-Major général, et que ça doit y être ajouté.

Certifié conforme à l’original et aux lettres de services qui m’ont été présentées.

Blanchard inspecteur aux revues

 

***

 

1 ère Division de l’Armée du Nord - Liberté - Egalité

 

            Je certifie que le Citoyen D’arsonval, capitaine au 1 er Bataillon Belge, a servit dans le Bataillon que j’ai commandé depuis le commencement de la guerre, avec distinction, que depuis il a été attaché à mon Etat-Major, où il n’a cessé de donner de nouvelles preuves de son civisme et de sa bravoure, et que son intrépidité fut même la cause ; que dans la dernière affaire sous Menin, il eut son cheval tué en chargeant l’ennemi.

            En foi de quoi je lui ai délivré le présent pour lui servir ce que de raison.

Au quartier général de l’Entrepôt sous Lille, le 9 Pluviose de l’an II de la République Française, une et indivisible.

Le général de Brigade Dumonceau

Certifié conforme à l’original et aux lettres de services qui m’ont été présentées.

 

***

 

            Le chef du bureau des Etats-Majors, certifie que M. Darsonval, Adjudant Commandant, vient de recevoir des ordres de service, pour être employé en cette qualité, sous les ordres, de M. le Maréchal Murat, Lieutenant de l’Empereur, et Commandeur en son absence de la Grande-Armée.

Le 5 Vendémiaire de l’an XIV

Henry Durosnel

 

***

 

S.E. le Duc de Feltre, Ministre de la Guerre

 

Straubing, le 18 janvier 1810

 

          Monseigneur, j’ai l’honneur d’informer Votre Exellence qu’en exécutant les dispositions renfermées dans Sa lettre du 28 du mois dernier, j’ai donné ordre aux officiers cy après désignés, qui étaient employés provisoirement soit dans du commandement de place, soit à l’Etat-Major Général de l’armée, de se rendre à Strasbourg pour y être à Sa disposition. Savoir : M. M. l’Adjudant-Commandant Darsonval, le Capitaine Blanchard, le Colonel Biaunié, le Capitaine Courtois, le Colonel Pineau, le Capitaine Riquet, le Major Legrale, le Capitaine Badiel, le chef d’escadron Barbier, le Capitaine Collard, le chef de Bataillon Marguerit, le Capitaine Sommier, le chef de Bataillon Lefèvre des Gardes, le Capitaine Suchet, le chef de Bataillon Leblanc, le Lieutenant Dupuis, le chef de Bataillon Le Mierre, le Lieutenant Billewitz, le chef de Bataillon Tascher, le Lieutenant Pessi, le Capitaine Lamotte.

J’ai prescrit à ces officiers dans les ordres que je leur ai donnés d’adresser leurs états de service à Votre Exélence.

 

***

M. Jean-François Darsonval (Chevalier d’Empire), témoin au mariage de Edme Petit, fils de Edme et de Jeanne Treille ;  avec  Marie Charbonnet , fille de Denis et de Pierrette Amory, le 23 Avril 1810 à Auxerres. Autres témoins : M. Rougier de la Bergerie, baron de l’Empire, préfet de l’Yonne, M. Paradier, Chevalier de l’Empire, présidant de la Cour de Justice, et M. Remond, président du Tribunal de première Instance.

 

 

La Maladie d’Angot

 

          Le maréchal-de-camp DARSONVAL, âgé de 63 ans, d’une constitution, ayant quarante-huit années de service militaire, fut tourmenté pendant vingt-ans par cette inflammation du tissu fibreux, que l’on appelle vulgairement la goutte. Les membres et autres parties du corps furent successivement affectés de douleurs plus ou moins intenses, qui varièrent tant de fois au gré de ses médecins, qu’il me fut impossible de préciser l’époque de l’invasion de son catarrhe de vessie. Il me suffira de dire , que, jusqu’au commencement de juin 1825, la goutte fut envisagée comme la cause de tous ses maux. Ne croyant pas qu’elle pût particulièrment affecter la vessie, et persuadé que son catarrhe dépendait d’une obstruction de l’urètre, je l’engageai à se rendre à Paris, où il arriva le 17 juin 1825 à 9 heures du soir. Aussitôt après son arrivée, je le vis uriner goutte à goutte avec des efforts les plus pénibles et très-douloureux. Ses urines étaient fétides en sortant de la vessie et contenaient des mucosités glaireuses. Il m’apprit que sa dysurie avait commencé huit jours auparavant par le sentiment d’un besoin continuel d’uriner, qui était devenu de plus en plus assujettissant, au point de la forcer à rendre ses urines toutes les deux heures, rarement à de plus longs intervalles : que les diverses rétentions incomplètes qui l’avaient affligé, n’avaient jamais été combattues par les sondes ni les bougies. Il est à propos de remarquer, que, quoiqu’il eût eu trois ou quatre gonorhées, à la vérité traitées méthodiquement, il ne présentait aucun symtôme vénérien.

            Désirant adoucir ses tourments, je tentai aussitôt d’introduire une bougie fine dans la vessie ; mais elle n’y put parvenir. Le lendemain, une sonde exploratrice n° 9, m’indiqua un rétrécissement à 6 pouces 6 lignes du méat urinaire, et que le canal situé en bas ne conservait qu’une demi-ligne de diamètre.

            Une bougie de cire jaune étant parvenue à 8 pouces du méat urinaire, nous fit croire qu’elle avait pénétré dans le col de la vessie, parceque le malade rendit plus facilement ses urines, et qu’elles contenaient plus de glaires et d’ammoniaque. – Le 19, la bougie fut un peu corbée à 8 pouces, mais le soir elle s’arrêta à 6 pouces 6 lignes, ainsi que le 20, jour où l’empreinte fut encore semblable à la première.

            Le 22, l’empreinte ayant présenté une pointe plus prononcée, je me déterminai à pratiquer la première cautérisation : j’ordonnai de l’orgeat pour boisson, et des pilules de térébenthine, pour ôter à l’urine son odeur insupportable et diminuer aussi les glaires. Le même jour le malade urina avec moins de douleur dans le canal ; les deux jours suivans n’offrirent rien de remarquable.

Le 25, le malade urinant lentement, mais avec peu de douleur, je fis une deuxième cautérisation, après laquelle il urina plus lentement, mais toujours avec moins de douleur ; ce qui prouva deux choses remarquables : 1°. Qu’une cautérisation bien faite n’enflamme que bien peu les parties environnantes ; 2°. Que souvent le gonflement qui rétrécit l’urètre après la cautérisation, ne prouve pas toujours que cette opération a été mal faite.

            La troisième cautérisation fut pratiquée à 6 pouces 8 lignes, à l’issue d’un bain : elle a eut un si bon effet que la quatrième put avoir lieu à 7 pouces 2 lignes. Cette dernière favorisa la sortie d’une plus grandeb quantité de glaires et d’urines fétides. Néanmoins la dysurie ne diminuait que très peu.

            Du 30 juin au 12 juillet, les empreintes toujours déprimées à droite, plus ou moins applaties et contournées (suivant que j’en variais la grosseur et la consistance), ces empreintes, dis-je, ne varièrent presque pas.

            Les cinquième et sixième cautérisations furent pratiquées à 7 pouces 3 lignes.

            Les septième et huitième de 7 pouces 3 lignes à 7 pouces 6 lignes. Les douleurs restèrent les mêmes.

            La neuvième fut encore pratiquée à 7 pouces 3 lignes, et la dixième à 7 pouces 6 lignes, où le canal de l’urêtre n’avait encore qu’une ligne et demie de diamètre. Cette dernière me prouva encore tous les avantages du gros porte-caustique de Ducamp. Cet instrument u que sa santé rapporta une excroissance, irrégulière à sa surface comme un morceau de framboise, ayant deux lignes et demie de diamètre au moment de sa sortie et présentant évidemment l’aspect d’une espèce de verrue. Cette circonstance fit naître l’espoir que je pourrais bientôt atteindre le col de la vessie. Attendu que sa santé s’améliorait de semaine en semaine, je résolus d’exécuter une nouvelle cautérisation le plus près possible du col de la vessie, parce que l’opîniatreté de la dysurie me persuadait qu’il restait un second obstacle à l’entrée du col de ce viscère, comme les observations de Latour, de Paillot, de Bienvenu et de Martial, m’en avaient fourni des exemples qui prouvent que cette espèce de maladie peut n’exiger qu’UNE, DEUX et au PLUS TROIS cautérisations.

            J’était loin de soupçonner que cet obstacle consistait en un polype, comme je le prouverai bientôt.

            Les bougies  ne dépassant plus l’obstacle, et les douleurs hypogastriques faisant craindre la funeste issue de l’inflammation de la vessie, nous pratiquâmes d’un commun accord la onzième cautérisation, qui n’apporta aucun changement dans la situation du malade, qui était encore assez satisfaisante, relativement au temps passé.

            Le lendemain il éprouva un malaise général, il perdit l’appétit ; la vessie devint plus douloureuse ainsi que l’urètre. Je ne pouvais plus lui dissimuler l’idée d’inflammation de la vessie, sur laquelle je dus motiver la suspension des cautérisations et l’application de quinze sangsues au périné, dont l’effet fut prolongé par un bain de siège. Quoiqu’il prît chaque jour  un bain entier, les urines, qui jusqu’alors n’avaient été que troubles, devinrent sanguinolentes. Dès le cinquième jour de ces accidents inflammatoires, la fièvre ayant diminué d’intensité ainsi que les souffrances, je tentai inutilement de dilater l’urètre avec une bougie emplastique des plus fines. Le soir le malade prit une tasse de bouillon avec plaisir. Le lendemain, sixième jour, un bain entier calma beaucoup ses douleurs ; un bain de siège lui procura une meilleure nuit ; mais il n’urina pas mieux. Le septième jour, il voulut prendre une soupe avec un jaune d’oeuf, il la digéra mal. Il se baigna encore, pour se préparer à la douzième cautérisation, qui eut lieu le 23 juillet, au moyen d’une bougie armée à la manière de hunter perfectionnée, parce que la sonde exploratrice fournissait à peine l’indice du canal. Le jour même de l’opération et les suivants, il urina avec moins de douleur.

            L’empreinte du 25 ayant une pointe qui s’étendait de 7 pouces 5 lignes à 7 pouces 7 lignes, je pus pratiquer la treizième cautérisation avec le petit porte-caustique de Ducamp. Le malade se trouvant mieux, eut de l’appétit, mais il mangea trop. Linflammation de la vessie se renouvella avec fièvre pendant cinq jours, malgré un régime sévère et un bain chaque jours. La goutte affecta gravement le genou gauche, puis ensuite le genou droit et la main droite. Le malade rendit spontanément du sang par l’urètre, et n’en dormit que mieux, quoique les envies d’uriner revinssent toutes les heures et demie. Le 31 juillet la sonde exploratrice de 3  lignes de diamètre, fit reconnaître que l’urètre était parfaitement dilaté jusqu’à 7 pouces 6 lignes, mais que la pointe était toujours aplatie à droite ; en terminant la quat

orzième cautérisation, le gros porte-caustique de Ducamp rapporta une masse cautérisée d’un bout, arrondie et évidemment charnue de l’autre, de 7 à 8 lignes de longueur, sur 1 ligne et un tiers de largeur. En la touchant elle se vida à l’instant d’une sérosité sanguinolente qu’elle contenait.

            Du 1 er au 4 août, la goutte diminua aux genoux et augmenta d’intensité au poignet droit ; les symtômes de la cystite se compliquèrent de symptômes gastriques ; la langue devint plus rouge sur les bords, jaune et sèche dans son centre.

            Une soif ardente et l’habitude des boissons agréables lui firent abuser de la limonade. Ces diverses complications s’aggravèrent jusqu’au 7 août, jour auquel le malade crut avoir une rétention d’urine, parce qu’il n’en avait pas plutôt rendu quelques gouttes, qu’il était tourmenté de nouvelles envies d’uriner. Des bougies et des fines furent également inutiles. Je me déterminai donc à pénétrer dans la vessie, avec le sonde d’argent conique de M. Boyer, dans la conviction qu’avec les précautions connues, je lui ferais sûrement suivre le canal dans les 6 à 8 lignes au plus qu’il me restait à élargir. Ce qui ne m’avait paru d’abord que difficile, me devint bientôt impossible. Elle fut arrêtée bien en deçà du lieu où j’avais pris une empreinte de 3 lignes. Il me parut d’autant plus naturel de penser qu’elle avait pu rencontrer une escarrhe pas vu sortir celle de la dernière cautérisation. Je la retirai les yeux bouchés par des caillots de sang que j’en fis sortir par un courant d’eau. Me rappelant que le malade avait rendu du sang quelques jours auparavant, je dus croire que je voyais des caillots formés dans l’urètre. Je fis donc de nouvelles tentatives pour arriver successivement dans la vessie ; la troisième me réussit ; mais n’ayant donné issue qu’à deux onces d’urine boueuse comme de la lie de vin rouge, je fis remarquer au malade et à sa garde que les fréquentes envies d’uriner étaient plutôt causées par l’âcreté des urines que par la quantité retenue dans la vessie : que, puisque je m’était rendu maître du passage, je soulagerais le malade à volonté ; mais qu’il était bien important d’éviter, autant que possible, les attouchements de parties ausi enflammées, puisqu’il était démontré qu’il n’y avait pas rétention d’urine véritable.

            Je n’eus pas plutôt quitté le malade qu’il me fit appeler ; toutes les représentations que je lui fis furent inutiles ; il fallut me soumettre à employer de nouveau la sonde. Soulagez-moi donc, me répétait-il sans cesse.

            Que pouvais-je refuser à un malade dont je commençais à désespérer ? Quelque parfait que fût mon dévouement, il me fut impossible d’introduire la sonde jusque dans la vessie ! Mais pour ne pas ne lui communiquer la crainte que j’avais sur la cause d’un si trist désappointement, je patientai dans l’opération de la manière la plus douce possible. Ne remarquant aucun succès, je retirai la sonde. Elle contenait un corps vermiculaire très-rouge, que je pris encore pour un caillot de sang façonné dans le canal de l’instruument. Observé dans un vase rempli d’eau, il avait deux lignes faibles de largeur et cinq pouces de longueur. Une seconde tentative me parut plus facile ; elle m’étonna davantage lorsque je vis sortir encore de la sonde un corps pareil, ne colorant pas plus l’eau que le premier. Vinrent ensuite des fragments irréguliers que je prenais encore pour de la fibrine ; mais lorsqu’en moins d’une minute, il en fut sorti huit pouces de longueur, et qu’immédiatement après l’extraction de ces corps singuliers, il sortait à peine du sang par le méat urinaire, je fus forcé de convenir que je n’avais jamais vu des choses si étranges.

            Enfin, la sonde étant parvenue une seconde fois dans la vessie, ne donna issue qu’à une once d’urine trouble et encore très fétide.  J’employai deux heures consécutives à sonder, à laver l’instrument et à recueillir les débris d’une maladie qui intéressait si grandement l’humanité et mon honneur.

Quoique je n’eusse rencontré que quatre fois des fongus de la vessie, tous altérés par la longueur de la maladie qui avait entraîné les malades au tombeau, je me souvenais que Bichat en avait vu beaucoup, et que tous les auteurs qui ont écrit ex-professo sur les maladies des voies urinaires, en parlent comme de maladies incurables. Que pouvais-je donc espérer d’un malade qui, dans un âge avancé, réunissait trois maladies chroniques redevenues aiguës en même temps ?

Il avait trop de jugement pour se faire illusion. Son courage l’abandonna rarement ; mais quoique l’état de sa vessie se fût beaucoup amélioré pendant les six jours que ses urines sortirent librement, les forces vitales s’éteignirent le 16 Août 1825.

 

Remarque : Mis à part des résultats de l’autopsie sur la vessie, il s’avéra que l’estomac  nous présenta deux points très enflammés, avec épaississement ancien de ses membranes. Nous avions de la peine à expliquer une inflammation de cette nature par l’abus de limonade ; mais les amis du défunt nous ont assuré qu’au lieu de guérir le catarrhe de sa vessie, le purgatif de Leroi avait détérioré l’estomac du Maréchal de Camp Darsonval, plus d’un an avant sa mort.

 

 

Légion d'Honneur 1806 

 

Légion d'Honneur 1806

 

 

Légion d'Honneur 1817

 

 

Officier de la Légion d'Honneur

 

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